Sel aux
épices :
" Le Sel aux épices
à de nombreux usages : Sel aux épices bon pour la
digestion, pour faire aller le ventre, et qui empêche toutes
les maladies, la peste et les refroidissements ; mais il est aussi
bien plus agréable qu'on ne l'attendrait.
Une livre de sel ordinaire grillé, 3 onces de poivre blanc,
2 de gingembre, 1 ½ d'ajouan, 1 ½ de thym, 1 ½
de graine de céleri (si l'on ne veut pas de la graine de
céleri, on met 3 onces de graine de persil), 3 d'origan,
1 ½ de graines de roquette, 3 de poivre noir, 1 de safran,
2 d'hysope de Crète, 2 de feuille de Nard, 2 de persil et
2 d'aneth."
Selon un auteur italien qui s'est penché de nos jours sur
la valeur des recettes d'Apicius, cette recette était "A
la fois médicament et aromate, cette formule, tirée
du codex de l'époque, met en évidence la double propriété
des épices : rendre la cuisine digeste et en même temps
donner un fumet particulier, un goût sapide et original."
Garum
Le Garum selon Apicius devait remplacer
le sel. Le garum est une sorte de sauce, faite a partir d’intestins
de maquereaux macérés dans du sel puis séchés
au soleil.
Il devait ressembler au nioc-mam chinois.
Le Larousse gastronomique dit : Il est généralement
admis que ce condiment n'est autre chose que la saumure que l'on
obtenait en salant des poissons marins, des scombres ou maquereaux
surtout, et en les pressant pour en extraire le jus. Le plus réputé
qui était obtenu avec le scombre, s'appelait le garum nigrum.
On le mettait dans des petits pots comme l'on fait actuellement
pour la moutarde, et chaque convive l'accommodait à sa façon,
l'un avec du vinaigre (oenogarum), un autre avec de l'eau (hydrogarum),
un autre avec de l'huile (oléogarum). Le garum Pipératum
était comme son nom l'indique, fortement poivré.
recettes
de garum
Il existe encore une autre
espèce de liquide recherché, appelée garum
: on fait macérer dans du sel des intestins de poissons et
d'autres parties qu'il aurait fallu jeter, si bien que le fameux
garum est la sanie de matières en putréfaction. On
le fabriquait autrefois avec le poisson appelé garos par
les Grecs, lesquels signalaient que les fumigations faites avec
sa tête brûlée faisaient sortir l'arrière-faix.
Le plus raffiné se fait aujourd'hui à partir du scombre
dans les cuves de Carthago Sparteria (= Carthagène), on l'appelle
le garum de la Compagnie ; mille sesterces permettent d'en obtenir
environ deux conges (1) ; et il n'y
a pour ainsi dire pas de liquide, excepté les parfums, qui
ait pris tant de valeur. [...] L'allex, rebut du garum, n'est qu'une
lie grossière et mal filtrée. Cependant on s'est mis
à en préparer aussi spécialement avec un poisson
tout petit et sans valeur : nous l'appelons apua, les Grecs aphyé,
parce que ce petit poisson est engendré par la pluie. Les
gens de Fréjus le font avec un poisson qu'ils appellent loup.
L'allex est devenu ensuite un objet de luxe, les espèces
s'en sont multipliées à l'infini. [...] Ainsi l'allex
a étendu son domaine aux huîtres, aux oursins, aux
orties de mer, aux foies de surmulet, et l'on s'est mis à
faire putréfier le sel de mille façons pour les plaisirs
de bouche. [...]
Cependant cette substance n'est pas sans usage en médecine.
On guérit, en effet, la gale des moutons avec de l'allex,
que l'on fait couler par une incision de la peau, il est bon contre
les morsures du chien et du dragon marin ; mais en ce cas on l'applique
sur de la charpie. Le garum, de son côté, guérit
les brûlures récentes si on le verse sans prononcer
le mot "garum". Il est utile aussi contre les morsures
de chien et surtout contre celles du crocodile et dans les ulcères
[...] et les douleurs de la bouche et des oreilles. Pline,
Histoire naturelle, XXI, 93-96
(1) le conge = 3l. 28
autre recette
On met dans un récipient
les viscères des poissons et l'on sale ; on ajoute du fretin
; [...] tout cela est salé de la même façon,
et on laisse réduire au soleil en remuant fréquemment.
Une fois cela réduit par la chaleur du soleil, on y prélèvera
le garum de la façon suivante : on plonge une grande corbeille
serrée dans la jarre [...] ; le garum coule dans la corbeille
er l'on recueille ainsi le liquide appelé liquamen qui filtre
à travers la corbeille ; le résidu constitue la halec.
Geoponicorum seu de re rustica libri,
XX, 46
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