Une soixantaine de pièces d’artillerie, catapultes
et scorpions, projette pierres et flèches à plus de 200m. Elles harcèlent
l’ennemi depuis un bon moment, semant le désordre dans ses premières
lignes. C’est le moment d’en profiter !
Signa inferre ! Perge ! Certo
gradu ! Autrement dit, En
avant ! Marche ! Au pas !
Cors et buccins donnent l’ordre d’avancer. Signifer (porte-enseigne)
et centurions se portent en
avant, toute la légion les suit, impeccablement alignée
sur un front de 200m de largeur, un véritable mur de boucliers (scutum)
derrière lesquels les légionnaires sont à peine visibles.
Les hommes avancent
en silence, au pas, les yeux rivés sur les lignes
ennemies. Ils attendent de leurs centurions des ordres qu’ils connaissent.
Ils savent que ces commandements n’arriveront ni trop tôt, ni trop
tard. Ils sont prêts à refaire des gestes, des mouvements mille
fois répétés dans d’innombrables entraînements, de véritables réflexes.
Chaque pas les rapproche de l’ennemi, ils attendent
encore, la gorge nouée, la peur au ventre… les
centurions estiment la distance qui les sépare de l’adversaire,
la vitesse de leur charge. Maintenant, il ne reste à peine que 40
ou 45 m, juste une poignée de secondes et les ordres fusent : Infestis
pilis ! (En joue !), Pila
mittere ! (Feu !)
Les légionnaires projettent les pila, capables, chacun, de
traverser un bouclier et l’homme qui le tient. Cette pluie de javelots
brise la charge adverse tandis que tous les soldats dégainent leur
glaive…
gravure avec l'aimable autorisation PETER CONNOLLY
texte de RENE CUBAYNES