Legion VIII Augusta

SPQR: Senatus Populusque Romanus
Bienveunue sur le site de la LEGION VIII AUGUSTA

Le prix des choses

Revenus et pouvoir d'achat du légionnaire flavien
Les revenus du soldat
 Le pouvoir d'achat du soldat flavien
La fin de service
Conclusions
Notes

LE POUVOIR D’ACHAT DU SOLDAT FLAVIEN :

Des retenues à la source, « ex eos solvi », amputent la solde.

Ses revenus réguliers, prévisibles, stables ( en principe…) confèrent au miles une certaine aisance matérielle mais ils sont réduits par des déductions : 

« La dessus on devait se fournir d’armes, d’habits, de tentes, la dessus racheter la cruauté de certains centurions… » (Tacite, Annales, 1, 17)

 Des payrii égyptien fournissent d’ excellents exemples du système de retenues sur solde, évoqué par Tacite,  et intéressent l’époque flavienne.

Le papyrus Fink RM 68 (publié sous le nom de P.Gen.Lat. I), daté des années 81-83, concerne deux militaires du camp légionnaire de Nikopolis et appartenant probablement à la Legio III Cyrenaica : Q.Iulius Proculus de Damascus et CValerius Germanus de Tyre (14).

Source:

Fink RMR 68

ou P.Gen.Lat.I

81/83 après J.-C.

Gaius Valerius Germanus

Quintus Iulius Proculus

M.A. Speidel (1992) propose des stipendia (1, 2 et 3) de 250 sesterces, évaluation critiquée par  R. Alston (1994) qui suggère des stipendia de 300 sesterces.

1

2

3

1

2

3

Foin

10

10

10

10

10

10

Nourriture

80

80

80

80

80

80

Caligae et
chaussettes

12

12

12

12

12

12

Saturnalia

20

   

20

   

Etendards

 

4

   

4

 

Vêtements

100

 

145,5

60

 

145,5

Retenue sur le stipendium «ex eos solvi »

222

106

188

182

106

247,5

Retenue totale sur

les trois stipendia

516 sesterces soit de 68,8% à 57,3% de la solde

535,5 sesterces soit de71,4% à 59,5% de la solde

Le papyrus Yadin 722.4, daté de 74/75 après J.-C., rapporte les retenues sur le premier stipendium et une partie du deuxième de Caius Messius, fils de Caius de la tribu Fabia de Berutensis (14) :

             Premier stipendium :

 « ex eos solvi » ou déductions  (en deniers):

hordiaria (foin): XVI

sumtuarium (nourriture): XX 

calligas (chaussures): V

lorum fasciarum (lanières de cuir): II

tunica linia (tunique en lin): VII

              Deuxième stipendium :

hordiar a (foin): XV

sumtuarium  (nourriture): XX

Ces deux documents, espacés d’une dizaine d’années, soulignent un même prélèvement « in victum » de 80 sesterces ou 20 deniers, sur chaque stipendium, qui pourrait donc être forfaitaire. La règle de retenir sur la solde le coût de la nourriture a du être un moyen  de limiter les conséquences  de la hausse des prix agricoles  sur le niveau de vie des soldats par le gel de cette retenue forfaitaire  à son taux coutumier (15).

La copie d’un autre papyrus (BGU 1564= SP395) venant d’Egypte et daté des environs de 138 après J.-C., mentionne l’achat d’une tunique militaire en laine (1,55x1,40m et 1,6 kg ) au prix de 6 deniers et l’achat d’un sagum (2,66x1,77m pour 1,6 kg) à 6 deniers. 

L’acquisition d’ un manteau et d’ une tunique représenterait entre 4 et 5 % de la solde de base annuelle, soit autour d’un demi-mois de solde (18, 75 deniers avant Domitien ou 25 deniers après Domitien) une dépense non négligeable !

 

Les dépôts obligatoires ou volontaires :

« Nos aïeux ont établi l’usage de garder en dépôt prés des enseignes la moitié des sommes que la largesse impériale accorde aux soldats…Chaque cohorte disposait de dix bourses en cuir dans lesquelles on mettait l’argent. On ajoutait un onzième sac dans lequel chaque légionnaire déposait une obole et, lorsqu’un soldat mourrait, on en tirait la somme nécessaire à sa sépulture. » (Végèce, De re militari, II, 20)

Le soldat doit consigner une partie de sa solde auprès de la caisse de son unité. Ces dépôts forcés, recouvrables en fin de service, reviennent aux héritiers, en cas de décès. Ils ne peuvent rester que modiques compte-tenu de toutes les déductions déjà opérées et ne nous semblent pas pouvoir atteindre la moitié du  salaire, comme l’indique Végèce.

Cette épargne forcée présente des avantages et des inconvénients :

    • Elle empêche le soldat de dépenser ce qu’il lui reste de son stipendium dans les      canabae, en boissons, au gré des rencontres de fortune dans l’inévitable course aux filles, ou encore dans les jeux de dés qu’il affectionne (et il peut cumuler les trois !) .
    • Elle immobilise une masse monétaire considérable  et la retire du circuit économique.
    •  Cette thésaurisation peut financer une révolte comme celle de Saturninus (cf. L’affaire Saturninus, 88/89 après J.-C.) si bien que, la sédition écrasée, Domitien

« défendit de doubler les camps des légions, et ne souffrit pas qu’on reçu des dépôts de plus de 1000 sesterces, parce que L. Antonius qui avait deux légions réunies dans un même quartier d’hiver, avait été encouragé à la révolte par l’importance des sommes mises en réserve » (Suétone, Domitien, VII, 4)

Nous pouvons remarquer que même en limitant les dépôts à 250 deniers par homme, cela constitue une réserve de un million deux cent quatre vingt mille deniers…pas très loin de la solde annuelle de base pour plus de quatre mille recrues…de quoi voir venir !

 

Computemus ! (faisons le compte !) :

Nous pouvons tenter un petit calcul en prenant comme points de départ :

  • Une solde annuelle de 300 deniers.
  • Le tableau des retenues sur salaires.
  • L’épargne limitée à 250 deniers par Domitien.

Pour un « simple solde » le total des retenues sur salaire avoisinerait au maximum 72% de sa solde annuelle ou 216 deniers par an.

Il ne pourrait thésauriser que 250 deniers sur sa carrière, un peu moins qu’une année de solde, soit au maximum une épargne de 10 deniers par an (sur 25 ans) à 11 deniers (sur 20 ans).

Il lui resterait alors sur son stipendium 74 deniers ou 300 sesterces , c’est à dire autour de 3 as par jour comme « argent de poche ».

Le même calcul pour un sesquiplicarius nous conduirait à 5 ou 6 as par jour et pour un double solde à 6 ou 7 as par jour.

Déductions faites de toutes les retenues, le  militaire flavien peut espérer disposer au mieux de deux à sept as par jour, suivant son statut, pour ses menues dépenses.

 

Stipendium et salaires civils de l’époque flavienne :

 A Pompéi, les journaliers et les ouvriers libres gagnent 16 as par jour  soit 4 sesterces ou un denier (16) ce qui correspond au prix moyen des salaires en Italie.

A la même époque, en Palestine, les ouvriers engagés pour la culture de la vigne reçoivent 1 denier par jour (17) tout comme celui qui cueille des plantes médicinales. Ceux qui ramassent les épis dans le champ de moisson peuvent espérer jusqu’à 4 deniers (18).

La solde de base d’un légionnaire , 300 deniers ou 4800 as, paraît donc inférieure à des salaires qui tournent autour de 365 deniers par an  ou 5840 as. Mais qu’en est-il de son pouvoir d’achat ?

Les graffitis de Pompéi nous renseignent sur le coût de la vie dans les années 70. Une famille modeste de 3 personnes dont un esclave dépense 225 as en neuf jours soit un peu plus de 8 as par jour et par personne (19). Il faut donc dans cette cité disposer de 8 à 9 as par jour pour assurer sa subsistance.

Si notre journalier ou notre ouvrier libre dépense , en moyenne,  8 à 9 as par jour pour sa subsistance ,il ne lui reste que 7 à 8 as pour régler tous ses frais : son loyer, payer ses impôts,  acquérir et entretenir ses outils, acheter ses vêtements…une tunique lui revient à quinze sesterces ( presque quatre journées de travail) et son nettoyage à quatre sesterces (une journée de besogne ). Il n’est pas sûr de trouver tous les jours sa tâche, ne reçoit pas de prime de départ à la retraite  et ne peut facilement capitaliser une année de salaire.

Ainsi « le pouvoir  d’achat de la solde ne couvre pas seulement le nécessaire, il autorise  une part de superflu »(20). Dans une société où « la simple subsistance est problématique pour le plus grand nombre » (20) le  légionnaire nous semble privilégié. Ses stipendia, stables et réguliers, lui confèrent un avantage. « Il fait donc partie d’une classe moyenne et ses revenus le rapprochent de l’élite des plébéiens » (12).

 

La solde et les prix du premier siècle :

Avec quelques as par jour comme « argent de  bourse » que peut désirer un légionnaire ? Que peut-il acheter en dehors du marché du camp étroitement surveillé par les signiferi ?

Améliorer son ordinaire ? L’agrémenter d’un peu de luxe alimentaire avec un bon garum ? Du vin dans une caupona ? Des femmes ?

 

Améliorer l’ordinaire ?:

Les inscriptions de Pompéi fournissent des exemples de prix  au premier siècle (19), (21) :

un denier = quatre sesterces = seize as

Une livre d’huile soit 0,328 kg 

4 as ce qui met le litre à 12 as ou 3 sesterces

Une  livre de lard 

3as

Un kg de porc 

de 6 as à 8 as (deux sesterces)

Une livre de fromage frais ( 0,328 kg) 

2 as

Un poulet 

1 as

Un lapin 

2 sesterces

Cinq œufs 

1 as

Deux pigeons 

1 denier

Un moineau 

5 pièces pour deux as ou 2 pièces pour 1as

Une livre de poivre ( 0,328 kg.)

de 16 à 60 sesterces la livre

1 modius de froment

30 as

1 modius de lupin

3 as

 

 

Le prix du blé :

 A Pompéi, 1 modius de blé, soit 6, 5 kg, coûte12 as ce qui met le kg de blé à 1,8 as et la livre de pain (0,328kg) à un peu moins de 1 as. Au même moment, en Palestine, le Nouveau testament, nous indique que le  modius se vend entre huit et seize as donc, là aussi, une livre de pain se négocie autour de 1 as (18).

Le prix des céréales varie en fonction des aléas climatiques : la froideur de l’hiver 91-92, ou de l’hiver 92-93,  provoque la perte des blés d’hiver dans une grande partie de l’Asie mineure. Bien conseillé par les décurions de la colonie d’Antioche de Pisidie, Lucius Antistius Rusticus, ancien légat de la Legio VIII Augusta, fixe le prix maximum du blé à peu prés au double de sa valeur normale : un denier (soit 16 as)  au lieu de huit ou neuf as. Ces mesures énergiques  portent leurs fruits et protègent la colonie d’une flambée des cours du blé et du marché noir.

Pour remercier son gouverneur, Antioche de Pisidie le choisit comme patron et fixe son édit dans le marbre (22 et 23).

Lucius Antistius Rusticus legatus
Imperatoris caesari Domitiani
Augusti Germanici pro praetore dicit
cum IIviri et decuriones
splendidissimae coloniae Antochiensis
scripterint mihi propter hiemis asperitatem
annonan frumenti exarsisse petierintque ut
pleps copiam emendi haberet bonum
factum omnes qui Antochiensis coloniae
aut coloni aut incolae sunt profiteantur
apud IIviros coloniae Antochiensis
 intra tri censinum diem quam hoc editum
meum propositum fuerit quantum quisque
et quo loco frumenti habeat et qauntum
in semen aut in cibaria annua familiae suae
deducat et reliqui omnis frumenti copiam
emptoribus coloniae Antochiensis faciat
vendendi autem tempusconstituo in
Kalendas Augustas primas quod si
quis non paruerit sciat me quid quid contra
edictum meumretentum fuerit in
 comissum vindicaturum delatoribus
praemi nomine octava portione constitua
cum autem adfirmatur mihi ante
hanc hibernae asperitatis per severantiam

octonis et novenis assibus modium
frumenti in colonia fuisse
et iniquissimum
sit famen civium suorum praede cuiquam
esse
excedere singulos I denarius
singulos modios pretium frumenti veto
.
Lucio Luci filio Galeria Rustico
Rufo procuratori Augusti Tiberia platea.

Inscription restituée d’après le CIL
AE 1925, 0126

Lucius Antistius Rusticus, légat, propréteur de l’Empereur César Domitien Auguste Germanicus déclare,

Attendu que les duovirs et les décurions de la très splendide colonie d’Antioche m’ont écrit qu’à la suite de la rigueur de l’hiver le blé avait connu  une flambée de prix, et qu’ils m’ont demandé de faire en sorte que la plèbe ait la possibilité d’en acheter ;

Que tous ceux qui sont colons ou étrangers domiciliés dans la colonie d’Antioche fassent connaître  aux duovirs de la colonie d’Antioche, dans le délai de trente jours à partir de la publication de cet édit, la quantité de blé que chacun détient et en quel lieu, et la quantité qu’il se réserve pour la semence et la nourriture de sa famille pour l’année, et qu’il mette tout le reste de ce blé à la disposition des acheteurs de la colonie d’Antioche. Je décide que le jour de la vente sera le premier jour des prochaines calendes d’août. Et que ceux qui n’auront pas obéi sachent que tout ce qu’ils auront accaparé en contrevenant à mon édit sera confisqué, les dénonciateurs en recevant en récompenses un huitième comme part ;

Et comme on m’assure qu’avant ce long et dur hiver le prix du blé était dans la colonie de huit ou neuf as le modius, et qu’il serait profondément injuste que la famine de ses concitoyens fasse le profit de quiconque, j’interdis de vendre le blé à un prix supérieur à un denier (soit 16 as) le modius. »

Toute instabilité politique influe sur les cours. En période de troubles, vers la fin du règne de Domitien,  le blé se vend un denier pour deux livres ce qui ferait 6,5 deniers le modius (24), (soit 104 as)  et multiplierait le prix du pain par 8 ou 9 ! A titre d’exemple, pendant la famine, sous Tibère, le modius de blé se négociait à 5,5 deniers. Les convergences sont donc frappantes  aussi bien en temps normal qu’en période  de difficultés temporaires. le mérite de Lucius Antistius Rusticus qui protège la plèbe de sa colonie n’en est que plus grand.

 

Et le Garum , pour un peu de luxe alimentaire?

Une inscription (CIL IV 5651) sur une amphore de Pompéi mentionne :


Garum sociorum

AIIIA

C C(ORNELI ) H(ERMEROTIS)

 

 

« le garum des alliés », ici une production vieille de trois ans, dont nous parle Pline,  revient tout de même, à presque 150 sesterces  le litre !!!( un conge ou congius équivaut à 3,1/4 litres)

 

« Nunc e scombro pisce laudatissimum in Carthaginis spartariae cetariis- sociorum id appellatur – singulis mummum permutantibus congios fere binos. Nec liquor ullus paene praeter unguenta maiore in pretio esse coepit, nobilitas etiam gentibus »

Histoire naturelle, XXXI, 93, sqq. 

« De nos jours, le plus réputé est tiré du maquereau en provenance des pêcheries de  Carthagène, celui que l’on appelle garum des alliés. Il est vendu au prix de mille sesterces les deux conges environ. Aucun produit liquide ou presque ne possède de valeur plus élevée, le parfum mis à part, même chez les gens de la noblesse »

(traduction : Noctes Gallicanae)

Ce prix n’est plus à la portée de la bourse des légionnaires de base sauf si tous les hommes d’un contubernium se cotisent pour quelques gouttes du précieux condiment… Centurions, Tribuns, Légats agrémentent plus facilement leur table de tels produits de luxe. Heureusement il existe des  saumures de moindre qualité et de prix plus abordables.

Du vin dans une caupona ? :

A Pompéi, Edone affiche le prix de ses vins, de un à quatre as la mesure ( soit 0,547 litre, de quoi commencer à se réjouir !) et cible d’abord une clientèle de militaires.

« invicte Castrens, habeas propitios deos tuos tres !

Item et qui leges !

Calos Hedone !

Valeat qui legerit !

Edone dicit :

assibus (singulis) hic bibitur ; dipundium si dederis, meliora bibes !

quartos si dederis, vina Falerna bibes !

Calos Castrens » 

« Beau militaire (militaire invaincu), que tes trois dieux te soient favorables !

Et à toi aussi qui lis ça.

Hourra pour Hédoné !

Longue vie à qui lira !

Edoné dit :

ici on boit pour un as. Si tu en donnes deux, tu bois du meilleur.

Si tu donnes quatre as, tu boiras du Falerne !

Hourra, militaire ! »

              (Texte restitué d’après le CIL IV,01679,  traduction Noctes Gallicanae)

Le prix des femmes :

La stèle funéraire d’Aesernia (25) reproduit le dialogue entre le  propriétaire d’une auberge,  Lucius. Calidius Eroticus (si !si !) époux de Fannia Volutptas ( cela ne s’invente pas !) et un voyageur. Lucius lui présente une addition détaillée. Couvert d’un cucullus (26), tenant son mulet bâté, prêt au départ, le voyageur acquiesce et s’apprête a payer.

Ce petit dialogue humoristique nous fournit le menu et les prix pratiqués dans cette caupona (auberge) fort accueillante qui sait réjouir le passant  en lui offrant une mesure de vin 1 (soit 0,547 litre) et les plaisirs des sens.

Lucius Calidius Eroticus

 sibi et Fanniae Voluptati vivus fecit

Copo computemus

 habes vini I sextarium

panis asse I

pulmentarium assibus II convenit

puella assibus VIII et hoc convenit

 faenum mulo assibus II

iste mulus me ad factum dabit

 (inscription restituée d’après le

 CIL 09, 02689, = AE 1983, 0329F

Faisons nos comptes

tu as eu une mesure de vin (offerte ?)

du pain pour  as

du ragoût pour deux as, d’accord

une fille pour huit as, d’accord

du foin pour le mulet deux as

Ce mulet me ruinera !

A Rome, une lupa de la Suburra demande de deux à huit as (27) tout comme les Syriennes qui racolent sous les arcades du Cirque Maxime ou dans les parages de l’Amphithéâtre. 

Quant aux courtisanes comme Galla, luxueusement installées dans les beaux quartiers de l’Aventin , elles restent hors de portée de la bourse des militaires :

« Lorsqu’on peut baiser Galla pour deux pièces d’or et lui faire mieux encore en doublant la somme, pourquoi Eschylus lui donnes-tu dix pièces d’or ? Elle ne prend pas si cher, même pour prêter sa bouche : que fait-elle donc ? Elle est si discrète » ( Martial, Epigrammes, Contre Eschylus, livre IX, V).

A Pompéi,  vingt-huit inscriptions mentionnent le prix des amours vénales : de deux à seize as. Seize de ces vingt-huit graffitis indiquent le tarif de base, deux as, à peine le coût moyen de deux mesures de vin ordinaires ou le prix de deux pains.

Les autres filles demandent quatre, voire huit as.  Attice exige seize as tout comme Drauca :

«   Aphrocas  hic cum Drauca  bene futuit denario ».

Fortunata demande 23 as ! Et même ces tarifs ne semblent pas prohibitifs puisque les journaliers et ouvriers libres gagnent de 15 à 16 as par jour (16), (28).

R.C.

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