REVENUS
ET POUVOIR D’ACHAT
DU LEGIONNAIRE FLAVIEN:
La bataille d’Actium ( 2
septembre 31 av. J.-C.) fit d’ Octave le maître du Monde romain mais
le laissa face à une difficile et nécessaire restructuration de l’
armée.
Les effectifs militaires dépassant
de beaucoup les besoins et les moyens de Rome, il démobilisa progressivement
300 000 soldats et réduisit les troupes au minimum nécessaire
pour garantir la paix dans l’Empire et sécuriser ses frontières.
Auguste
institua la permanence des légions avec un service de longue
durée. Elles constituèrent désormais le cœur d’une armée impériale répartie
sur les frontières (voir le tableau ci-dessous) . Chaque année,
leur renouvellement partiel, basé essentiellement sur le volontariat,
mobilisa seulement quelques milliers d’hommes.
Lorsqu’il accède au pouvoir,
en 69, Vespasien hérite des vingt
cinq légions laissées par Auguste plus des trois crées par ses successeurs.
Il dissout les I, IV Macedonica, XV Primigenia et XVI,
toutes quatre coupables, à ses yeux, d’avoir prêté serment à « l’Empire
des Gaules» et les remplace par cinq autres. L’effectif légionnaire
se trouve ainsi augmenté d’une unité.
| Région |
Nombre
de légions
sous
Auguste |
Nombre
de légions
sous
Vespasien |
| Syrie |
4 |
3 |
L’armée
d’Orient se renforce et aligne un total de six légions |
| Cappadoce |
0 |
2 |
| Judée |
0 |
1
|
| Egypte |
2 |
2 |
|
| Afrique |
1 |
1 |
|
| Bretagne |
0 |
4 |
|
| Espagne |
3 |
1
|
La
garnison de la péninsule ibérique se réduit à une seule légion. |
| Germanie |
8 |
8 |
L’armée
du Rhin retrouve ses effectifs traditionnels. |
| Mésie |
2 |
4 |
L’armée
danubienne passe de quatre à six légions. |
| Pannonie |
3 |
2 |
| Illyricum |
2 |
0 |
Après
la révolte de l’an 9, Auguste supprime cette province dont il répartit
les terres entre la Pannonie, au Nord et la Dalmatie, au Sud. |
| Dalmatie |
1 |
1 |
|
| Total |
25 |
29 |
Vespasien
dispose de cent cinquante mille légionnaires. |
| Les
réserves mobiles de Rome |
Au
terme de ce redéploiement, restent seules en réserve : une
légion en Espagne, une en Dalmatie, une cohorte à Carthage, une
autre à Lyon, les flottes de Ravenne et de Misène, la garnison
de l’Urbs avec ses neuf cohortes prétoriennes et ses trois
cohortes urbaines. |
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Le maintien et le renforcement
des frontières naturelles qui suivent les cours du Rhin et du Danube
deviennent une préoccupation majeure pour les Flaviens. Ils mettent
en place une véritable ligne de défense sur les berges des deux fleuves :
fortins, camps-forteresses, retranchements, tours de guet : le
limes (1).
En arrière, un important réseau routier permet de déplacer rapidement
les légions, d’acheminer matériel et vivres…
Auguste et Vespasien modifient
la répartition du peuplement de l’Empire. De nouvelles concentrations
urbaines se développent autour des forteresses du limes (comme Argentorate).
Cette frontière crée une zone de prospérité car « payés
avec régularité, sans parcimonie excessive et avec de beaux deniers,
de belles pièces d’argent » (2)
les légionnaires jouissent d’une certaine aisance.
Leur
vie devient une vie de garnison. Elle s’écoule, pendant de nombreuses
années, dans ces forteresses et leurs canabae où se
mêlent deux mondes, celui des civils et celui des militaires.
R.C.
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