Legion VIII Augusta

SPQR: Senatus Populusque Romanus
Bienveunue sur le site de la LEGION VIII AUGUSTA

La VIII, de César aux Flaviens.

La VIII dans la Guerre des Gaules
(58-51 avant J.-C.)

La VIII dans les Guerres civiles
(49-31 avant J.-C.)

Soulèvement dans les Balkans
( 6-9 après J.-C.)
Révolte en Pannonie
(14 après J.-C.)
Guerres dans le Bosphore
( 44-62 après J.-C.)
De la Mésie à Argentorate
(68-90 après J.-C.)

La VIII dans la Guerre des Gaules (58-51 avant J.-C.)

« Le plus grave, en ce moment, c’est la crainte d’une guerre contre les Gaulois »
( Cicéron, Correspondances, XXV, 2, lettre datée du 15 mars 60)

 

En 58, Helvètes, Rauraques, Boïens, Tulinges et Latobices quittent leurs montagnes d’Helvétie et de Norique ( Suisse et Bavière actuelles) pour notre Saintonge.
Le nouveau proconsul des Gaules, César, décide alors de s’opposer à la migration de cette multitude qu’il estime lui-même (1) à plus de trois cent soixante huit mille personnes dont quatre-vingt-douze mille guerriers bien entraînés par d’incessants combats avec les Germains. Dès la mi-mars, Il quitte Rome pour prendre à Genaba (Genève) le commandement de la Xe légion puis se rend à Aquilea où se concentrent trois autres légions : la VII, la VIII et la IX. La VIII entre ainsi dans l’histoire en même temps que dans l’armée et la vie de César. Elle le suit fidèlement dans la plupart de ses campagnes pendant quatorze années, de 58 à 45.
Dans l’état actuel de nos connaissances, nous ne connaissons rien de cette legio VIII avant avril 58.

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• L’année 58 : premières victoires

Intégrée dans une force de six légions comprenant la VII, la VIII, la IX, la X, la XI et la XII, la VIII participe aux deux premières batailles et victoires de César en rase campagne. Bibracte face aux Helvètes et « Mulhouse », face aux Suèves d’Arioviste.
Placée sous le commandement de Labienus, elle prend ses quartiers d’hiver dans le Jura, chez les Séquanes.

• L’année 57 : face au danger belge

Bibracte brise la marche en avant des Helvètes. Mulhouse donne à Rome une nouvelle frontière économique et politique : le Rhin. Mais une formidable menace pèse encore sur la présence romaine : les « Peuples du Nord » . Avec leurs alliés germains, ils opposent plus de trois cent vingt six mille guerriers aux huit légions - dont la VIII - de César. Pourtant, légionnaires et auxiliaires – Crétois, Baléares et Numides – se battant à un contre cinq ou à un contre six, finissent par les écraser sur l’Aisne. Ils offrent au proconsul sa troisième grande victoire. Les légions poursuivent les vaincus, assiègent puis prennent Noviodunum, déferlent sur le pays bellovaque puis soumettent les Ambiens.
Reste un ennemi redoutable : le peuple des Nerviens, le plus belliqueux de tous les Belges. C’est pourquoi l’armée quitte Amiens et marche sur Bavay, leur capitale. Les VIII, IX, X, XI et XII avancent en tête et derrière suivent les impedimenta. Les XIII et XIV forment l’arrière- garde d’un immense convoi de plus de trente kilomètres de long (2) (soit une journée de marche).
La rencontre avec les Atrébates, Viromanduens et Nerviens se produit sur le Sabis. Dans cet affrontement très difficile, les anciens de la VIII et les bleus de la XI s’illustrent au centre de la ligne de bataille. Ils acculent les Viromanduens sur le cours d’eau et les taillent en pièces.
La victoire acquise, la VIII concourt au siège d’Atuatuca, la capitale des Atuatuques, arrivés trop tard pour renforcer les « Peuples du Nord » sur le Sabis. Avec le retour de la mauvaise saison, elle installe ses quartiers d’hiver soit à proximité de la Loire, soit en Belgique.


• Les années 56-53 : Que fait donc la VIII ?

Le texte de César ne nous permet pas de connaître les mouvements de la legio VIII pour cette période.

• L’année 52 : La grande guerre

En plein hiver, vers la mi-janvier et malgré la neige, la VIII traverse les Cévennes, ravage le pays arverne, gagne Vienne puis rejoint les autres légions à Sens. Vellonudunum, Cenabum, Noviodunum, Avaricum…les oppida tombent les uns après les autres. La VIII remonte l’Allier et, en quatre étapes, parvient devant Gergovie.
Au signal donné, les légionnaires avancent et enlèvent rapidement les premières fortifications. Les récompenses distribuées à Avaricum excitent centurions et soldats. Meneur d’hommes, Lucius Fabius, centurion de la VIII, ne veut laisser à personne d’autre l’honneur de passer en premier le rempart gaulois. Il l’a assez claironné dans tout le campement ! Il court suivi par sa centurie, arrive à l’enceinte, se fait hisser par trois de ses légionnaires, les tire à lui, un par un, et les fait monter sur le mur…Son collègue Marcus Petronius s’attaque déjà aux portes de la cité ! En pleine action, César modifie sa manœuvre ( ? ) et fait sonner le repli mais…

« Exaltés par l’espoir d’une prompte victoire, par la fuite de l’ennemi, par leurs succès précédents » (César, B.G., VII,47)

… les hommes de la VIII ne semblent pas recevoir cet ordre à moins qu’ils ne refusent d’obéir et poursuivent leur action (3)…Coupés du reste de l’armée, ils se retrouvent en fâcheuse posture. Les Gaulois massacrent Lucius Fabius et les siens, les précipitent en bas de la muraille. Marcus Petronius, accablé par le nombre, perdant son sang, réalise la situation :

« Je veux pourvoir au salut de ceux que mon amour de la gloire a conduits dans le péril… » (César, B.G.,VII,50)

Il se jette alors au milieu des ennemis. Dans une ultime charge, il en tue deux, écarte les autres de la porte et donne son dernier ordre :

« Repliez-vous sur la légion ! » (César, B.G.,VII,50).

Il tombe, assurant le salut du reste de sa centurie. La X et la XIII dégagent enfin la VIII. Les pertes sont lourdes : sept cents soldats et quarante six centurions dont une bonne part de la VIII.
Renforcée, elle participe à la bataille décisive d’Alésia puis aux opérations de nettoyage de 51, en particulier contre les Atrébates.


• Conclusions

Après huit ans de campagnes, de 58 à 51, la VIII termine glorieusement la guerre des Gaules . Elle y gagne son titre de Legio VIII Gallica et l’estime de tous :

« César avait avec lui ses légions les plus anciennes, d’un courage incomparable : la VII, la VIII, la IX puis une autre la XI…mais qui pourtant, après huit ans de campagnes, n’avait pas, comparée aux autres, la même réputation de solidité éprouvée » (Hirtius, B.G.,VIII,8)

Lorsque César prépare la conquête de l’Italie, en 49, Il réserve pour son propre usage la VIII, la XI et la XIII. Il semble qu’un lien se soit créé entre cette legio VIII Gallica et son chef charismatique.

R.C.

 

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