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géomètres
du temps romain et leurs instruments de mesures
extrait de
l'article paru dans la revue "L'archèéologue" n°89
Tombe de Menna (TT69) secteur
de Cheikh abd el-Gourna-nord, dans l'enclos "dit supérieur",
XVIIIème dynastie (1401-1390 av J.C.). Deux arpenteurs,
la chaîne enroulée autour de l'épaule mesurent
le champ, de façon à estimer la récolte
sur pied et à calculer la part qui revient au maître.
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les origines
Dès les plus anciennes civilisations,
des monuments gigantesques sont sortis de terre, temples sacrés,
pyramides, théâtres ou aqueducs, ils sont le fruit
du génie humain.
Or, toutes ces oeuvres magistrales ont pour préalables
des opérations topographiques nécessaires à l'architecte
afin d'établir des plans qui permettront la réalisation
pratique de l'ouvrage.
Etablir des directions, mesurer des distances, estimer des hauteurs
mais aussi délimiter des parcelles de terrains, tracer
des routes, voilà autant de points de départ qui
permettront la construction d'édifices dont certains sont
encore debout après plusieurs millénaires.
Les plus anciennes traces de la présence de géomètres
remontent à l'Ancien Empire égyptien avec des textes
administratifs et funéraires ainsi que des opérations
d'arpentage (tombe de Menna) (1) qui
nous renseignent sur l'exercice de cette profession.
Plus près de nous, Etrusques et grecs ont eux aussi utilisé ces
procédés. Les Etrusques donnant même aux
opérations d'arpentage une connotation religieuse que
garderont au moins dans un premier temps les Romains. Certains
archéologues pensent que le cadastre étrusque serait
même à l'origine des Pénates, ces divinités
familiales si importantes dans les foyers romains. Frontin (2) n'hésitera
pas à parler concernant la cadastration de "disciplina
etrusca".
Les Grecs, quant à eux, sont davantage axés vers
les grands chantiers ainsi que les travaux publics (percements
de canaux et de tunnels, aqueducs...) et la subsistance de nombreux écrits
tels "de la dioptre" ou "metrica" de Héron
d'Alexandrie nous donne une idée assez précise
du haut degré de connaissance (notamment en ce qui concerne
tous les "problèmes de géométrie")
et de technicité des géomètres grecs. Les
arpenteurs romains font d'ailleurs de constantes références
aux sources grecques et, dans leurs traités, ils utilisent
essentiellement la terminologie grecque.
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Les géomètres
romains
Les géomètres de l' Antiquité ne
sont vraiment connus qu'avec l'époque romaine, nombres
de textes importants sont parvenus jusqu'à notre époque
tels les traités gromatiques (3) ou
certains passages du "De Architectura" de l'ingénieur
romain Vitruve.
Les agrimensores, que l'on pourrait assimiler à des géomètres
experts, sont plus que de simples arpenteurs: leurs fonctions
ne se limitent pas à l'établissement , au tracé et
au bornage des limites des parcelles de terrains (cadastration),
ou au traçage des voies romaines si rectilignes grâce à l'utilisation
de la groma. Ils jouent aussi un rôle essentiel dans la
castramétation (4) (ils
sont alors souvent appelés castrorum metatores) en établissant
avec leur groma des axes principaux et leurs voies parallèles
qui donnent aux camps militaires romains leur aspect si "orthonormé".
On retrouve d'ailleurs ce même genre de canevas dans la
fondation des villes romaines notamment dans les colonies fondées
par les vétérans retirés des légions.
Ces mêmes vétérans reçoivent à leur
démobilisation (honesta missio) des parcelles de terrains
en territoire conquis et c'est l'agrimensor qui leur attribue
leurs lopins.
On pourrait voir là avant tout un travail de technicien
de terrain mais les agrimensores sont aussi des juristes dans
leur spécialité et ils sont à même
d'intervenir dans tout litige d'ordre cadastral.
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Un agrimensor participant à une
opération d'alignement de jalons.
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opération de visée avec la groma
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Très proche des agrimensores, les libratores (5) qui,
suivant les auteurs, pouvaient être assimilés à des
ingénieurs d'artillerie, à des employés
du génie militaire faisant office de géomètres
arpenteurs ou bien encore de directeurs des travaux d'aménagement
des eaux. Il semblerait en fait que les libratores étaient
plutôt spécialisés dans l'estimation des
hauteurs et des dénivellations de terrain ce qui peut
trouver son application aussi bien dans l'artillerie (pour les
tirs paraboliques par exemple) que dans la construction d'aqueducs
(calculs de pentes pour un écoulement optimal de l'eau
dans les canalisations).
Le travail des agrimensores est donc d'une grande
utilité sociale, jouant un rôle aussi bien civil
que militaire suivant les cas. Ils sont choyés par l'Etat
car leur travail de cadastration est indispensable à l'établissement
de l'impôt foncier: ils deviendront même à partir
du règne d'Auguste des fonctionnaires impériaux
jouissant ainsi de privilèges intéressants et d'un
statut social élevé.
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Les traités gromatiques sont particulièrement éclairants
sur la façon dont les agrimensores conçoivent leur
métier. L'agrimensura appelée aussi ars metendi
agris est pour eux tout autant une science qu'un art et ils n'échappent
pas à l'influence pythagoricienne des philosophes mathématiciens
qui pronent "l'amour" de la ligne droite, de la perpendiculaire
et du carré dans lesquels ils voient la victoire de l'intelligence
humaine domptant les "caprices" de la Nature (6).
On retrouve cette façon de concevoir le monde de façon
très nette dans ce que les gromatiques appellent la ratio
pulcherrima (7) c'est à dire
la conformité au système idéal d'organisation
des terres. Dans cette théorie, on dispose d'axes majeurs:
un cardo (axe Sud Nord) et un decumanus (axe Est Ouest) dont
le croisement appelé umbilicus est positionné exactement
au centre de la ville dont la centuriation organise le territoire.
mais il ne s'agit là que de la théorie car, confronté à la
réalité du terrain (relief, obstacles naturels
ou proximité d'une voie de communication terrestre ou
fluviale), l'agrimensor s'adapte selon les besoins.
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alignement de decempedae (jalons de 10pieds)
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La cadastration du sol
par les agrimensores romains
La structure parcellaire la plus courante est
la centuriation du sol. A partir de deux axes rectilignes placés à angles
droits, le cardo maximus (Sud Nord en principe) et le decumanus
maximus (Est Ouest en principe) sont créées des
parallèles distantes de 710 mètres ce qui forme
un quadrillage régulier qui est borné. les carrés
formés ont une superficie de 200 jugères (8) et
s'appellent des centuries. A une centurie ne correspond pas forcément
une propriété: suivant les cas, la propriété n'occupe
qu'une partie de la centurie ou au contraire peut déborder
sur plusieurs centuries. Enfin, une centurie peut être
coupée ou traversée par une route, un cours d'eau
ou une forêt sans que cela ne modifie en rien son tracé et
sa surface.
Une fois la centuriation du sol réalisée, on procède
au bornage du terrain. Cet acte était accompagné d'une
cérémonie solennelle de consécration des
pierres à la divinité protectrice des limites:
Terminus. Les voisins plaçaient en cette occasion avec
la borne, des ossements d'animaux sacrifiés, du charbon
ou des morceaux de vases. Derrière l'aspect cérémoniel
il faut voir aussi le côté pratique: en effet, en
cas de litige, une borne ayant disparue ou ayant été déplacée,
les traces laissées par cette cérémonie
permettaient de pouvoir replacer la borne au bon endroit sans
avoir à renouveler les opérations d'arpentage (9).
A l'issu de toutes ces opérations, l'agrimensor réalise
une forma (carte) de l'endroit cadastré. Cette carte était
toujours gravée en deux exemplaires sur une plaque en
bronze en guise de preuves. Un des exemplaires était confié aux
autorités locales et l'autre était versé au
tabularium central (10).
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Stèle funéraire
d’un agrimensor retrouvée à Lurea (val
d’Aost) : la groma est démontée et on aperçoit,
vu de dessus, les rigores (réglettes croisées à angle
droit et servant de support aux fils à plomb : on en
devine d’ailleurs deux à mi-hauteur de la stèle).
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L'image montre une reconstitution
d'une groma.
La partie supérieure de l'instrument est composée
d' une croix à 4 branches perpendiculaires de dimensions égales
qui servent d'équerre de direction; à chacune des
branches est suspendu un fil à plomb appelé perpendicula.
Ce dispositif est fixé sur un bras de recherche métallique
qui le relie à un long pied servant à la mise en
station. Suivant la consistance du terrain, le pied muni d'une
pointe à son extrémité inférieure
peut être fiché en terre; mais si le sol est trop
dur ou trop instable, on peut avoir recours à un trépied
métallique pour stabiliser le tout. Il
existait un 5ème fil à plomb positionné sous
l'axe reliant la croix à 4 branches au bras de recherche
mais il ne servait qu'à la mise en station de l'appareil à la
verticale d'une borne de cadastration, puis ce fil était
retiré car il devenait gênant pour les opérations
de visée.
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Les
instruments de mesures
Les différentes opérations topographiques
auxquelles avaient recours les agrimensores nécessitaient
l'emploi fréquent de trois principaux instruments
de mesures : la groma, la dioptra et le chorobate. Ces trois
instruments ont été reproduits sous forme de
répliques par des élèves de Bac Pro
du lycée professionnel de Chardeuil en Dordogne dans
le cadre d'un Projet Pluridisciplinaire à Caractère
Professionnel. Ils ont été cédés
par la suite au groupe de reconstitution historique des légions
romaines "Legio VIII Augusta" (11) qui
les utilise régulièrement lors de ses différentes
prestations. Les photos servant d'illustrations pour la manipulation
de ces différents instruments ont été prises
lors d'une manifestation à laquelle participait la
Legio VIII Augusta près du musée d'Arles les
26 et 27 août 2006.
La groma
Cet instrument est le symbole même de l'arpenteur,
celui-ci était parfois appelé gromaticus. Son
nom est vraisemblablement d'origine étrusque, mais
emprunté au grec (12);
la groma est aussi parfois désignée sous ses
appellations latines: ferramentum ou stella.
La groma est une équerre optique ou équerre
d'arpenteur qui divise l'espace en quatre quadrants et sert à tracer
des lignes droites et des angles droits. Elle nous est connu
grâce à deux stèles funéraires (13) qui
nous donnent une idée relativement précise
des éléments qui constituent cet instrument.
Mais c'est la découverte faite par Matteo della Corte à Pompéï en
avril 1912 dans un des ateliers situés au long de
la via dell' Abondanza qui nous éclaire le plus: une
groma complète dont le pied était cassé et
qui avait été amené dans cet atelier
pour être réparé.
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Une fois la groma installée à l'endroit
souhaité par l'agrimensor et l'équerre de visée
positionnée dans la direction voulue, les opérations
peuvent commencer:
dans l'axe de visée de l'oeil, le 1er fil à plomb
cache le second fil et tout jalon ou toute perche positionné dans
cet axe est forcément aligné par rapport aux fils à plombs
qui ont servis pour la visée. On peut ainsi obtenir un
alignement parfait de perches sur une distance raisonnable.
Jean Pierre Adam (14) a
réalisé une expérience avec une groma reconstruite
et les résultats obtenus à courtes distances (jusqu'à 50
m) sont assez proches de ceux que l'on pourrait obtenir avec
des instruments actuels. Par ailleurs, notre propre utilisation
de cet appareil montre qu'à des distances raisonnables
on obtient des résultats convaincants.
Il faut cependant apporter un bémol d'importance, l'emploi
de la groma devient problématique voire impossible dès
que le vent devient trop important car il perturbe les visées
en agitant les fils à plombs.
La dioptra
A la différence de la groma dont on connait l'architecture
générale par plusieurs sources différentes,
nous ne savons rien de l'allure de cet instrument: aucune fouille
archéologique, aucune stèle, aucun bas-relief,
seul un texte de Héron d'Alexandrie nous signale son existence
et encore il est plus question de visées angulaires et
de principe de fonctionnement que de description à proprement
parler.
Nous vous proposons ci-dessous une "évocation" de
cet appareil dont le principe de fonctionnement est compatible
avec les écrits de Héron tout en étant bien
conscient que faute de documentation il nous est impossible de
proposer une reproduction digne de ce nom.
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Opération de visée avec la dioptra

Disque vertical gradué jusqu’à 90°
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Que savons-nous de la dioptra
? Il s'agit d'un instrument de mesures angulaires
effectuant des opérations de visées goniométriques
horizontales; Héron propose de lui adjoindre un second disque
vertical pour les mesures angulaires verticales faisant de cet
instrument "l'ancêtre" (dépourvu de lunettes
de visée)du théodolite.
La dioptra pouvait servir pour le nivellement de terrain, l'arpentage,
l'implantation d'aqueducs ou le percement de tunnels et dans sa "version
théodolite" d'instrument d'astronomie. Les mesures angulaires
horizontales étaient réalisées à partir
d'un plateau circulaire horizontal gradué en 360 degrés (15).
Dans le cas d'un second disque vertical pour des mesures
angulaires verticales, la graduation n'avait pas à dépasser
logiquement les 90°.
L'opération consistant à effectuer une mesure angulaire
horizontale entre deux points est assez simple:
Dans un premier temps, on effectue une visée à travers
une sorte de lunette de visée dépourvue d'optique (la
longue vue n'existait pas encore!) mais dont les oeilletons sont pourvus
de crins de cheval perpendiculaires se croisant au centre exact de
l'oeilleton. On vise précisément le premier point en
faisant en sorte que le plateau horizontal (gradué 360°)
ait le curseur positionné sur CCCLX.
Puis dans un deuxième temps, on procède à une
visée du second point sans bouger le plateau horizontal, le
curseur (solidaire de la partie supérieure en rotation) indique
un nouveau chiffre.
Si le curseur a été bougé vers la droite, (visée
du second point à gauche du premier) la mesure angulaire correspond
au chiffre que l'on lit. Si le curseur a été bougé vers
la gauche, (visée du second point à droite du premier)
la mesure angulaire correspond à 360 - le chiffre que l'on lit.
Pour une visée verticale, le principe est encore plus simple,
par rapport au degré" 0 " qui correspond à la
parfaite horizontalité de l'appareil, on effectue une visée
en faisant pivoter le disque vertical et la "lunette de visée" vers
le point à mesurer et, une fois la visée réalisée,
on lit dans une petite fenêtre le chiffre obtenu.
Les expériences de visées que nous
avons pu réaliser ont montré que ce système fonctionnait
parfaitement: en répétant plusieurs fois les mêmes
visées horizontales sur des points situés entre 50 à 100
m, les écarts de lecture angulaire ne dépassaient jamais
1°. Cependant, sur des distances plus grandes ou avec des points
de visée de petites dimensions, les risques "d'inexactitudes" deviennent
plus importants.

Opération de visée avec le chorobate

Le chorobate du point de vu du viseur avec en
face, la mire parlante
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Le chorobate
Bien qu'aucune fouille archéologique ne nous ait permis
d'en retrouver ne serait-ce que des fragments (l'appareil est
presque exclusivement en bois), la description que nous en fait
l'ingénieur romain Vitruve est suffisamment précise
pour que nous ayons une idée assez correcte des dimensions
et de l'allure générale de cet instrument.
L'utilisation du chorobate doit être très ancienne,
ce genre d'instrument (ou son équivalent) est certainement
aussi vieux que les aqueducs. En effet, leur construction implique
nécessairement une pente régulière, ni trop
forte ni trop faible pour un écoulement correct entre
la source et le point d'arrivée: un instrument permettant
de mesurer les différences de niveau est donc indispensable.
Les plus anciens aqueducs ont plus de 3000 ans: sous le règne
du roi Salomon, la ville de Jérusalem s'est vu pourvue
d'un aqueduc, c'est aussi le cas de la ville de Ninive en 690
avant J.C. Il est donc probable que le mot d'origine grecque
chrobatum (16) identifie
un instrument de mesure déjà ancien.
Vitruve nous décrit avec précision le chorobate (17).
Il nous explique que pour conduire les eaux aux habitations et
aux villes, le premier moyen est d'en prendre le niveau. De tout
les instruments utiles pour effectuer cette opération,
le chorobate est le plus exact.
Vitruve poursuit en nous le décrivant:
" Le chorobate se compose d'une règle longue d'environ vingt pieds (18);
aux extrémités de cette règle se trouvent deux pièces
de même dimension qui y sont assemblées en forme de bras d'équerre,
et entre la règle et les extrémités de ces deux pièces
coudées s'étendent deux traverse fixées par des tenons,
sur lesquelles on trace des lignes perpendiculaires; sur ces lignes viennent
correspondre des plombs attachés de chaque côté à la
règle. Ces plombs, lorsque la machine est en place, venant à rencontrer
perpendiculairement les lignes tracées sur les pièces de dessous,
font voir que l'instrument est bien de niveau.
S'il arrivait que le vent en agitant le plomb, l'empêchât
de se fixer d'une manière certaine, il faudrait alors
creuser sur le haut de la règle, un canal long de cinq
pieds, large d'un doigt et profond d'un doigt et demi, et y verser
de l'eau; si l'eau touche également l'extrémité des
bords du canal, c'est que l'instrument sera bien de niveau."
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Pour effectuer une visée avec le chorobate,
il faut l'avoir positionné parfaitement à l'horizontale
grâce à un jeu de cales dans l'axe souhaité pour
réaliser la visée. Le librator ou un de ses aides
pourvu d'une excellente vision se positionne les yeux à hauteur
de l'appareil afin de viser un jalon gradué situé dans
l'axe à une distance raisonnable pour qu'une "lecture
soit possible" (19).
le légionnaire tenant la "mire parlante" ou
jalon gradué en doigt et en pied positionne son index
droit sur une marque repaire située sur le jalon et correspondant à l'exacte
hauteur du chorobate. Une fois positionné dans l'axe de
l'appareil, le librator vise le jalon et indique au légionnaire
où il doit déplacer son index de façon à ce
que celui-ci soit à la même hauteur que le chorobate.
Si la position de l'index est situé au dessus de la marque
repère, cela signifie que l'endroit où a été posé le
jalon est situé plus bas que l'endroit où a été installé le
chorobate. Inversement si l'index est sous la marque repère,
l'endroit est plus haut; il suffit alors de lire la graduation
pour connaître la dénivellation exacte entre le
chorobate et le jalon. Afin de minimiser les risques d'erreur,
l'opération peut être renouvelée plusieurs
fois puis on procèdera à une moyenne des relevées.
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dessin de Jean-Pierre Adam "La construction
romaine" editions Picard.
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Un centurion portant un pied de dioptra
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Pour des déclivités plus importantes
et pour des distances assez longues, on peut si le sol n'est
pas trop accidenté pour gêner l'installation correcte
du chorobate procéder d'une autre façon.
Avec des jalons de même hauteur 1,48 m (soit un double
pas romain) par exemple, on peut déplacer dans l'axe le
jalon jusqu'à ce que son sommet se trouve être exactement à la
même hauteur que le tablier du chorobate, puis on installe
l'appareil à l'endroit même où se trouve
le jalon: de cette nouvelle position on renouvelle l'opération
et ce autant de fois que cela s'avèrera nécessaire.
Cette opération appelée cultellation à hauteur
constante si elle peut paraître fastidieuse a cependant
pour mérite de simplifier les calculs, elle n'est cependant
pas possible sur tous les types de terrain.
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BIBLIOGRAPHIE
Vitruve,
De Architectura Tome VIII chap. 6 "le chorobate".
Dictionnaire des antiquités grecques
et romaines de Daremberg et Saglio
mise en ligne sur Internet par l'Université Toulouse le
Mirail.
Jean-Pierre Adam,
la construction romaine chap.1 "la topographie" Editions
Picard. 4ème édition 2005.
Chouquer/ Favory,
l'arpentage romain Editions Errance 2001.
Claude Larnac/ François
Garrigue, l'aqueduc du pont du Gard Editions
Les Presses du Languedoc 1999.
Anna Pikulska (Université de
Lodz), Les arpenteurs romains et leur formation intellectuelle
in Revue internationale des droits de l'Antiquité L.I.
2004.
Jean-Yves Guillaumin,
L'écriture scientifique des agrimensores romains. Institut
des sciences et techniques de l'Antiquité U.M.R. 6048,
Université de franche-Comté.
Claude Larnac,
Les limites du système oeil-chorobate pour l'implantation
de l'aqueduc de Nîmes, extrait d'une communication présentée
en juin 1999 au colloque de Saint-Etienne sur "la dioptre
d'Héron d'Alexandrie".
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L.C.
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