Urso honore son tribun en lui élevant une
statue dont la base porte cette dédicace. Une telle marque
d’estime suggère l’appartenance de Quintus
Rutilius Flaccus Cornelianus à cette cité. Sa famille, probablement
d’origine indigène, aurait reçu la citoyenneté romaine
au moment de la promotion d’Urso au rang de colonie comme le
souligne son inscription dans la tribu Galeria (120).
Rutilius Flaccus servit dans la VIII Augusta comme tribun angusticlave
sous les Flaviens ou dans le premier tiers du IIe siècle,
soit à Mirebeau sur Bèze, soit à Argentorate.
Nous savons fort peu de choses sur notre tribun et devons construire
des hypothèses à partir de rares données archéologiques
et de deux autres épigraphes.
Les données archéologiques :
Trois estampilles d’amphores Dressel 20 se rattacheraient à Rutilius
Flaccus ou à sa famille :
- La première, recensée à Lora la Vieja, se
lirait Q. R. F. S(ervus) ou Q(uintus) R(utilius) F(laccus
S(ervus) (121)
- La deuxième, EXOFQRF, découverte à Londres,
pourrait se développer en Ex O(fficina) Q(uinti) R(utilii)
F(lacci) (122).
- La troisième enfin provient de Torre d’Ares, dans
les environs de Lisbonne. Elle mentionne (123) Q. R. FL. CORNE soit
Quintus Rutilius Flaccus Cornelianus.
Interprétées ainsi, ces marques (
surtout la dernière)
suggèrent l’existence d’une famille équestre
de grands commerçants dont les produits atteignent Londres.
Propriétaires de domaines très vraisemblablement oléicoles
sur le territoire d’Astigi, les Rutiliii auraient investi dans
la fabrication d’ amphores pour la commercialisation de leurs
huiles.
Les épigraphes :
CIL 02-05, 01125 = CILA-02-03,
00719= HEp-01,00525= HEp-03, 00525=
AE 1989, 00414= AE 1998, +00725 . Baetica,
La Rabia
Briseis / nutrix Q(uinti) Rutili / Q(uinti) f(ilii) Flacci
Corneliani / annorum XXXV pia in suos / hic s(ita) e(st)
s(it) t(ibi) t(erra) l(evis)
|
Retrouvée dans la campagne sur le territoire d’Astigi,
une inscription
funéraire élevée en l’honneur de Briseis, la nourrice
de son très probable fils, suggère que Rutilius Flaccus possédait
une propriété dans ce riche terroir oléicole.
CIL II, 04989 = CIL II,
05161 = IRCPacen 00080, Lusitania, Tavira/Balsa.
T(ito) Rutilio Gal(eria) / Tuscilliano / Q(uinti) Rutil(i)
Rusti/cini f(ilio) T(iti) Man/lii Martialis / nepoti in
ho/norem eorum amici / cur(antibus) L(ucio) Pacc(io) Marci/ano
et L(ucio) Gell(io) Tuto / L(ucius) Pacc(ius) Basileus
/ P(ublius) Rutil(ius) Antigonus / T(itus) Manl(ius) Eutyches
/ T(itus) Manl(ius) Eutychio / T(itus) Meclon(ius) Cassius
/ Publicius Alexander / Laetilianus Balsensium.
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Il s’agit d’une base de statue, élevée
par une série d’amici en l’honneur de Titus Rutilius
Tuscillianus, de la tribu Galeria, fils de Quintus
Rutilius Rusticinus et petit-fils, par sa mère, de Titus
Manlius Martialis. Ces
Manlii occupèrent le duovirat de la cité de Balsa et
appartenaient à la tribu Quirina.
Des liens familiaux et commerciaux associeraient les Rutilii et les
Manlii (124). Quintus Rutilius Rusticinus pourrait être le
frère de Rutilius Flaccus qui se serait marié à la
fille de Manlius Martialis, dont il aurait eu un fils, Titus
Rutilius Tuscillianus.
Ainsi le chevalier Quintus Rutilius
Flaccus Cornelianus appartiendrait-il à une
famille équestre d’Astigi, propriétaire
de vastes domaines oléicoles, impliquée dans la fabrication
d’amphores
et liée à des notables municipaux de Balsa,
les Manlii.
Il aurait effectué sa militia dans la VIII Augusta à l’époque
des Flaviens ou de Trajan.
R.C.